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samedi 17 mai 2014

Dans une plainte aiguë et assourdissante, le mort se redressa sur ses coudes


Code 93 - Olivier Norek


Un zombie, une victime de combustion spontanée et un dealer vampirisé...

Des meurtres sauvages et habilement mis en scène, le quotidien des policiers du "neuf-trois", un soupçon de prostitution et de grosses magouilles politiciennes... Ce sont les ingrédients de ce policier efficace et bien ficelé...


L'auteur est lieutenant de police et ça se sent... Les scènes "policières" respirent l'authenticité, une succession de courts chapitres donne un rythme soutenu à l'histoire qui se dévore !!! J'ai adoré les scènes "choc", comme une impression de lire du Grangé (dans sa splendeur, parce que ses derniers livres m'ont déçue).
Si j'ai pensé à Grangé devant la description cinématographique des scènes, j'ai aussi comparé l'extraordinaire Johanna De Ritter à l'incroyable Retancourt des romans de Vargas... D'ailleurs, les femmes y ont largement leur place : de la redoutable Margaux Soultier dont l'ambition pour les autres est débordante à Léa Marquant qui préfère vivre avec les morts que subir les jérémiades des vivants  en passant par Damian, Jevric ou Noviello.


Le style est efficace, quel bon scénario pour un film ! Peut-être que... ?????



Edit du 17 Mai
Les lignes précédentes ont été écrites immédiatement après ma lecture du livre, soit il y a une dizaine de jours... Hier soir, nous avons reçu Olivier Norek à Brunoy pour notre soirée littéraire mensuelle...




J'ai pu lui dire tout le bien que je pensais de son livre, ai appris avec plaisir que le prochain opus (indépendant mais avec des personnages récurrents) sortira en Octobre et que"Code 93" serait adapté pour la télévision en 4 épisodes... Je me régale à l'avance !

Nous avons beaucoup parlé de l'image des policiers en France, certains utopistes (rêveurs ?) ont pris conscience des manipulations exercées par nos politiciens s'agissant des chiffres de la criminalité, ou bien encore des votes truqués... 95% du livre est vrai, le reste est romancé (Olivier Norek), l'assistance de lecteurs avait donc des tonnes de questions à poser à notre inspecteur... Peut-être au détriment d'un débat sur le livre lui-même d'ailleurs, c'est dommage car il en vaut vraiment la peine...

Bref, pour une fois qu'on peut lire un polar français bien ficelé... Si vous ne vous précipitez pas pour l'acheter j'en avale mon chapeau ;-) (Edité chez Michel Lafon et France Loisirs)


Pour en savoir davantage...
En référence à un passage du livre, nous avons parlé du "carré des indigents" du cimetière de Thiais...

Le « carré des indigents » ou « fosse commune »

Fonctionnement. Si l’emplacement diffère, la procédure d’inhumation des personnes seules et/ou sans ressources se veut sensiblement identique à celle des personnes bénéficiant d’une concession personnelle (corbillard, quatre porteurs, personnels funéraires et moment de recueillement).
Cinq ans après l’inhumation des corps et si aucun proche ne s’est manifesté pour procéder à une exhumation afin d’organiser des obsèques et une sépulture personnelle, le corps est retiré du carré des indigents pour rejoindre l’ossuaire (réceptacle destiné à accueillir les ossements humains prenant parfois la forme d’une chapelle) ou fait l’objet d’une crémation, les cendres étant ensuite dispersées dans le jardin du souvenir (dont tous les cimetières implantés sur une commune de plus de 2000 habitants doivent être dotés). Cette procédure visant à offrir une concession à d’autres « indigents », la durée initiale de la concession (5 ans) peut augmenter selon la demande.
Source : http://blog.majolietombe.fr/

Une interview de l'auteur : Ici, une autre : Ici
La page Facebook de l'auteur : Ici aussi
Lucie Merval trouve que le roman se démarque par sa grande humanité,



jeudi 8 mai 2014

L'action et le dialogue peuvent engendrer la tragédie



Le parapluie rouge - Anna de Sandre
 
 
Recueil de 5 nouvelles. Cinq solitudes qui prennent un nouveau départ. Clara, SDF gourmande de la vie ; Rachel, pisteuse de cafards ; Aurélien, sauvé par l'Heure Bleue ; La jeune veuve qui fait une rencontre saisissante dans son ascenseur ou bien cette cartomancienne et son amie aux yeux mauves.
 
Des personnages à la dérive, une atmosphère feutrée, des histoires de rencontres improbables... je ne suis pas amatrice de nouvelles, cette fois encore la magie n'a pas opéré. Principalement à cause du style d'écriture, trop ciselé. Il manque de spontanéité. L'auteur écrit aussi de la poésie, je serai curieuse de lire sa production, son style me semble plus adapté à la poésie...

 
Au début, j'ai été séduite :
 
Le silence qui précède les discussions redoutées déconcentrait l'une et apeurait l'autre, étirant les minutes d'un point à l'autre du salon comme le fil d'un étendoir qui attendrait que la famille lave son linge.
 
Puis, j'ai décroché :
 
J'ai atterri dans un mauvais café après avoir roulé des cigarettes et des pelles, ainsi qu'une avocate maternante qui m'avait offert le gîte et le couvert dans un coin de la France où les toits sont vernissés et multicolores, et les bocages encore habilement en amitié avec les bosquets.
 
 
 
Mais j'y ai fait une belle découverte :
 
 
 
 
J'ai croisé des mots que je ne connaissais pas : tâte-poule, idémiste, anagnoste (les potinettes apprécieront), mais aussi un passage amusant pour tout LCA :
 
Un livre dépasse légèrement de la poche gauche ... Madame Amaury se penche pour déchiffrer le titre - un lecteur assidu a toujours ce réflexe impudique et souvent, selon l'auteur déchiffré, l'autre sera-t'il jugé digne d'intérêt ou laissé dans sa médiocrité.
 
Marianne l'a apprécié bien plus que moi, le blog de l'auteur : http://biffureschroniquesads.wordpress.com/
 
Le fameux parapluie rouge :
 


 
Avigdor Arikha - The red umbrella (1973)
 
 
 
Merci aux éditions In8 pour le partenariat.

samedi 10 mars 2012

Nagasaki



Nagasaki - Eric Faye


C'est ma honte ! c'est ma très grande honte !!!!
Je me laisse submerger par le quotidien et ai lâchement abandonné mon cher "potinoir"
J'avais pourtant très envie de vous parler de ce petit roman, presque une nouvelle !

Présentation de l'éditeur :
"Shimura-san mène une existence solitaire et ordonnée dans la banlieue de Nagasaki. Mais voilà que des objets se déplacent, chaque jour, insidieusement, que de la nourriture disparaît. Fantôme ? Hallucinations ? Grâce à une webcam, la vérité se fait jour : une femme habite clandestinement chez lui, depuis un an... Grand Prix du roman de l'Académie française 2010, Nagasaki est un chef-d'oeuvre de mélancolie, un récit percutant sur l'isolement, où les ombres qui peuplent l'histoire du Japon ne sont pas loin. "

Nous avons reçu ce soir Eric Faye à notre soirée littéraire mensuelle organisée par "Le Menhir" à Brunoy. J'ai pu dire à l'auteur tout le bien que je pensais de son roman, tout en finesse, mélancolique mais dont plusieurs passages m'ont particulièrement touchée... Je vous en livre un :

Je me dis qu'il faudrait inscrire dans toutes les constitutions du monde le droit imprescriptible de chacun à revenir quand bon lui semble sur les hauts lieux de son passé. Lui confier un trousseau de clés donnant accès à tous les appartements, pavillons et jardinets où s'est jouée son enfance, et lui permettre de rester des heures entières dans ces palais d'hiver de la mémoire.

Calepin parle d'une "écriture précise, minutieuse et soignée", Cynthia a été "touchée", Aperto Libro n'en gardera pas un souvenir impérissable...




dimanche 6 novembre 2011

Tuer le père


Tuer le père - Amélie Nothomb


Lors d'une soirée réunissant les plus grands magiciens du monde, Amélie Nothomb remarque deux hommes au comportement étrange : Joe Whip et Norman Terence, de grands magiciens américains qui ont partagé plusieurs années de leur vie et semblent à présent s'ignorer. Elle interroge un convive qui lui révèle leur histoire et le lecteur plonge dans le Nevada des années 90...

De son propre aveu, Amélie Nothomb a voulu faire un "western moderne",  j'y ai plutôt vu une nouvelle, avec tous les codes inhérents à cet exercice : un récit court au dénouement surprenant. Comme toute nouvelle bien construite, il se dévore, la "chute" est amusante mais... j'ai bien peur qu'il n'en reste pas grand chose ! Un Nothomb agréable mais pas à classer dans les inoubliables de l'auteur. A noter que le style est moins ampoulé que d'habitude chez Nothomb.

Pour info : la couverture du livre est l'oeuvre de Miss.Tic dont je suis fan.



Madame Charlotte reproche le nombre de page indigent mais souligne que la qualité est là, Mya a été bluffée, Elodie reste dubitative, Quilitout est emballée, Serena en parle comme d'un livre qui se lit facilement mais ne laisse pas de trace et il ne laissera pas un grand souvenir à Liyah

Partenariat Priceminister





lundi 3 octobre 2011

Un long chant d'amour



Cantique des plaines - Nancy Huston

A la mort de son grand-père, Paula reçoit une grosse enveloppe encombrante ... bourrée de vieilles pages noircies ...tu m'as légué ces pages et maintenant il est à moi ton livre, la responsabilité est toute à moi. Engagée par une promesse, elle entreprend de réécrire l'histoire de son aïeul, enfant de pionnier qui tente de survivre dans un Canada de légende : celui des Blackfoot, du Père Lacombe et du petit peuple qui subit la Grande Crise Economique.

Tu m'as laissé tes mots, et je les couds ensemble en un patchwork dont je voudrais qu'il te serve de linceul.

Ainsi, tu appris à vivre au jour le jour et à marcher très doucement sur la mince croûte de normalité qui s'était formée sur la plaie purulente de tes espoirs.
Au-dessous, au fond, au fin fond de toi toujours, près de l'os, il y avait la peur.

Un roman passionnant, une espèce d'anti-héros, pas franchement sympathique, mais qui se débat pour tenter d'être heureux et, surtout, le très bel hommage de cette petite fille dont on sent la tendresse tout au long de ces pages.

J'avais déjà lu (et apprécié) l'empreinte de l'ange de Nancy Huston, ce second essai avec cette auteur m'a enchantée...

L'avis de Marie, Amanda qui compare ce récit à une longue litanie, Myletine a aimé, terriblement aimé...



J'ai eu la chance d'être invitée au lancement de Démons quotidiens, un livre à quatre mains écrit par Nancy Huston et illustré par Ralph Petty. Nancy Huston nous a lu quelques passages de ce (très beau) livre. Plus d'une centaine de petits textes (d'une demi-page environ), on y parle de tout : le célibat des prêtres, Facebook, les couches-culottes et la pollution... autant de textes amusants, ironiques parfois mais qui, toujours, font résonner un petit quelque chose en nous, nous obligent à réfléchir, mettent le doigt là où... ça fait mal !!!!

Quant aux illustrations de Ralph Petty, des dessins à l'encre, elles sont tout simplement superbes !

L'avis de Sophie Gall

PS : classé en "littérature française" puisqu'écrit en français

dimanche 11 septembre 2011

Si la vie renfermait une chance, c'était celle d'être humain.


Le Délégué - Didier Desbrugères
Prix du 1er roman de Draveil 2010


Dans une République non nommée, Joseph Strauber (S.) est en route pour prendre ses fonctions de Délégué. Pénétré de l'importance de sa mission, il imagine tout le bien qu'il fera à la communauté, il veut être le bienfaiteur de ses administrés... En chemin, il rencontrera Britov "dans la vie comme en service commandé, caparaçonné par un mortel désenchantement" sorte de courtisan qui lui enlèvera quelques illusions. Son arrivée à Lurna, son district, le mettra face à une réalité qu'il ne soupçonnait pas.

Denis Desbrugères était notre invité aux soirées de Brunoy vendredi dernier. Lauréat du Prix du 1er roman de Draveil 2010, il a bien voulu se plier au jeu des questions. Débat animé une fois encore où il a été question principalement d'humanisme.



Outre les idées qu'il véhicule, la grande qualité de ce roman est l'écriture : soignée ; l'auteur a d'ailleurs avoué que son éditeur a dû interrompre ses multiples relectures et corrections. J'ai eu l'impression bien souvent de croiser "le" mot juste, on y découvre même un ou deux néologismes (cheniller...).

Ce Délégué est un homme ambitieux qui veut le bien de ses semblables. Malheureusement, trop intègre, trop naïf, il ne sait pas s'en donner les moyens.

Alors on se jette dans cette voie qui n'est pas la sienne, dictée par des influences multiples qui nous pressent de toutes parts et qu'on n'a pas encore la force de trier, de repousser. Jusqu'au jour où le regard se dessille, où on discerne les contours de sa propre nature, c'est-à-dire dégagée du filet des influences, où on peut briser la gangue. Alors on est libre. Le travail essentiel commence. Celui d'être en harmonie avec soi et l'univers, pour le temps qui nous reste à vivre.

Le débat a été animé, l'auteur semble déçu de "l'humain", il pense que, si nous avons su faire évoluer nos savoirs scientifiques, nous n'avons pas su faire évoluer notre humanité. Ce pauvre Délégué, pétri de bonnes intentions, s'embourbe dans sa friche et s'agite de façon totalement stérile...

La sacro-sainte sélection naturelle, mal comprise et brandie par des fanatiques au cerveau bancal. Et cet atavisme de primate se lit à tous les niveaux des sociétés humaines, depuis les tyrans et les démocrates carriéristes jusqu'aux obscurs quidams. Car il existe toujours plus démuni que soi à asservir et à exploiter, plus faible sur qui exercer sa force, pour le profit et le jouissance confondus. Dès lors nul doute que si un progrès décisif devait survenir chez l'être humain, une réelle et déterminante évolution, ce ne serait ni l'élucidation des mystères de la matière ni la colonisation d'autres galaxies, mais une réforme de sa propre nature vers une compassion innée.

En bref, un roman bien écrit, qui pousse le lecteur à la réflexion. Il semblerait qu'un second roman soit dans les cartons, je guetterai sa parution...

Le mois prochain, nous accueillerons Harold Cobert pour "l'entrevue de Saint-Cloud"
Si vous êtes intéressés : http://lemenhirbrunoy.canalblog.com/




dimanche 17 juillet 2011

Il n'y a pas de courage à tuer...


Une vie ordinaire - Maxime Brunerie/Christian Rol

Lors d'une soirée privée, j'ai rencontré Maxime Brunerie. Ignorant qui il était (on ne m'avait dit que son prénom), j'ai échangé quelques mots avec ce convive sympa, un tantinet "provoc", amusant et intéressant... Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que ce jeune homme était l'homme qui a voulu tuer Jacques Chirac !

Intriguée, troublée... J'ai voulu lire le livre dans lequel il raconte son parcours personnel, sa vie de nazillon, l'épreuve de la prison puis l'espoir d'une vie meilleure.

... roman vrai qui est aussi le roman noir d'un néofasciste, d'un petit Français lambda, enfant de la classe moyenne, biberonné à la télé et à la morale, qui décide un jour de casser les codes de sa destinée pour changer le monde.

Habituellement je fuis comme la peste ce genre de livre, racoleur à souhait mais là, j'avais besoin de comprendre. L'homme avec qui j'avais échangé quelques mots ne pouvait être le déséquilibré qui avait voulu tirer sur le Président !

Bien m'en a pris... J'ai suivi le parcours de cet ado mal dans sa peau, qui a trouvé dans l'idéologie extrémiste une "famille", un groupe où il pouvait exprimer toute la violence qui couvait en lui. On suit Maxime jusqu'à sa sortie de prison et là, j'y ai retrouvé le jeune homme équilibré que j'ai rencontré.

Je ne fanfaronne ni ne me révolte. Je coopère, ni plus ni moins, avec, toujours au fond de moi, cette forme d'ironie et de respect que je nourris pour les solennités d'une société abhorrée.

On y lit aussi le quotidien de nos prisons et, ce n'est pas beau à voir ! les cachetons et les brimades ne font qu'aggraver le mal-être des prisonniers qui, à ce rythme là, n'arriveront jamais à retrouver une vie normale à leur sortie !

Malgré des bouquins à grand spectacle qui "tirent la sonnette d'alarme", malgré tous les rapports d'Amnesty International et autres fumisteries humanitaires qui voudraient te faire croire que si tous les hommes de bonne volonté se donnent la main, demain on aura des prisons "humaines". Mon cul ! C'est précisément parce que l'"humain" est partout que c'est invivable.

J'ai voulu visionner l'émission d'Ardisson où Maxime intervenait Salut les terriens , et j'ai été déçue, j'ai eu l'impression (puis la confirmation de vive voix) que certains passages avaient été coupés et que le télespectateur n'a pas pu vraiment "comprendre" l'acte de ce jeune homme paumé. Sans parler des réactions des invités qui, manifestement, n'ont pas lu le livre ou bien encore ont voulu se faire de la pub en ayant une réaction "bien pensante" qui conviendra au plus grand nombre. Claude Cabanes, déporable et Laurent Baffie, à la mine sévère, qui donne l'impression d'être un parangon de vertu.

Oui, j'ai eu peur ! me suis dit que dans la rue des mômes paumés pouvaient partir à la dérive comme l'a fait Maxime ; oui, je condamne avec la plus grande fermeté son acte ! mais, pour peu qu'on veuille bien se donner la peine de l'écouter parler cinq minutes, on comprend qu'il a fait le cheminement qui l'a conduit à son statut d'adulte responsable, qu'il  a "payé" sa dette et qu'à présent, il mérite de vivre pleinement.

L'optimiste que je suis est satisfaite de voir que ce jeune ado paumé est devenu un homme réfléchi qui a devant lui la vie qu'il se construira et qui peut être une vie riche...

7 ans de taule pour une déprime qui tourne mal.

samedi 25 juin 2011

La petite paroisse


La petite paroisse - Alphonse Daudet

Pour la petite histoire...
J'aime lire, je suis gourmande, ça : vous saviez mais... je suis aussi amatrice de whisky ! si ! si ! si !
Or, je viens de découvrir que mon voisin (que je cotoie depuis bientôt 12 ans) a crée un "Club de dégustation de Whisky" ; chaque mois, il organise une soirée "dégustation" ; chaque mois, il tente de dégotter un lieu atypique dans notre région.


C'est ainsi que j'ai pu déguster de savoureux trésors dans les anciennes serres d'Alphonse Daudet. J'ignorais que l'auteur avait vécu à Draveil, dans le quartier Champrosay pour être plus précise. Notre hôte s'est fait un plaisir de nous raconter l'Histoire des lieux sur lesquels veille une petite chapelle, appelée familièrement "la chapelle du bon cocu"


Pour certains, c'est "la petite chapelle blanche du bord de la route", la "chapelle du pardon": la chapelle des gens humbles et généreux.

Pour d'autres, c'est "la chapelle du bon cocu": celle contruite par Napoléon Quantinet en mémoire de sa femme, Hélène, qui l'avait quitté pour un autre homme, mais qui lui est revenue. (Blog de la maison de Daudet)

Daudet qui a habité tout près de cette chapelle, a construit le décor de son dernier roman autour de cette histoire. Un homme bafoué, rongé de jalousie, qui pardonne à son épouse volage. Un roman au charme désuet, cette petite chapelle et la route poussiéreuse de Corbeil qui la borde ont une place prépondérante dans cette histoire dont l'héroïne a un petit air de "Madame Bovary" au début du roman.

Paru en 1895 sous forme de feuilleton, d'aucuns y trouveront peut-être quelques longueurs ; moi j'ai adoré ces descriptions détaillées qui m'ont donné l'impression de flâner au bord de la Seine ou bien encore dans la forêt de Sénart. Une jolie langue :

Il est vrai de Jean Metzer, ancien professeur à la faculté de Lausanne, qu'il avait quittée à cause d'une maladie du larynx, était un médiocre connaisseur d'humanité, ayant feuilleté moins d'êtres que de livres.

Quand vous saurez que j'y ai croisé le verbe "potiner" au détour d'une phrase, vous comprendrez que j'ai été conquise.





dimanche 30 janvier 2011

La distribution des lumières



Pasquale quitte l’Italie, ecoeuré par l’orientation politique de son pays. Il vient s’installer à Lyon et fait la connaissance d’Anna, professeur de musique, dont il tombe amoureux. Mais Anna suscite une autre passion : celle d’Aurèle, jeune adolescente paumée, sans repère, manipulatrice, qui viendra briser quiconque s’interposera entre Anna et elle.


Un roman polyphonique, tour à tour Pasquale, Aurèle ou Jérôme (le petit frère d’Aurèle, « débile ») viennent nous raconter cette histoire à leur façon. Seule Anna reste dans l’ombre et, si elle est le personnage central qui déclenche le drame du livre, elle n’y a jamais la parole.

Stéphanie Hochet était notre invitée lors de la dernière soirée littéraire de Brunoy. Elle a bien voulu répondre à nos nombreuses questions sur ce roman.

Ses influences ?

Faulkner, mais aussi Nabokov. J’ai adoré cet hommage à « Lolita » :

Anna, parfum de mes phrases répétées pour moi seulement, ma plainte, mon Dieu, mon grincement de dents La langue sur le palais entre deux ouvertures


… reformer Anna, comme Zola a formé Nana, en faisant crier les parieurs d’une course de cheval. Se redressant, le n passe par-dessus le a, il l’enjambe, comme le cavalier enjambe sa monture…

Malgré cette belle écriture, j’ i fini ma lecture sur un « manque ». J’ai aimé le personnage de cette ado torturée et diabolique ; mais j’ai regretté ces adultes inexistants, ce Pasquale que je n’ai vu que comme un lâche qui, toute sa vie fuit : son pays, sa femme, ses responsabilités d’adulte, Anna : personnage de l’ombre ou bien encore les parents d'Aurèle.

D'autre avis :
Fanny a aimé le style mais pas l’histoire ; Claudio Morandini à qui le livre est dédié ; Pascale pour qui c’est un roman à ne pas manquer.

7/7

mercredi 8 décembre 2010

Lucius est de retour...


Qui veut la peau de Nestor Boyaux ? - Luc Doyelle

Méfiez-vous le jour où votre ami de toujours débarque après dix années de silence radio. Prenez garde s'il vous propose sur un plateau la solution à tous vos problèmes. Mais surtout...restez vigilant si votre ami se nomme NESTOR BOYAUX ! Ces retrouvailles chaleureuses seront les prémices d'une étrange descente aux enfers. Lorsqu'un clochard prend le contrôle de votre destinée, que la radio diffuse des informations surprenantes, et que la maréchaussée se pointe à tous les coins de rue, il est temps de crier au secours ! Une épopée polaroïde parsemée d'humour et de suspense.

Obligée de vous copier le 4e de couverture qui, seul, peut donner une idée de ce nouvel Ovni issu de l'imagination débridée de Lucius Von Lucius... (souvenez-vous d'une histoire de Merles  ou bien encore de "liaisons presque dangereuses") ! Là encore, un roman qui se dévore d'une traite, et, contrairement à Delcyfaro je me demandais bien où l'auteur voulait nous emmener et par quelle pirouette il réussirait à retomber sur ses pattes et à rendre l'histoire moins foldingue qu'elle n'en a l'air !!!!! Mais l'affaire est réussie...

Si vous voulez vous changer de cette grisaille ambiante, lisez-le, il vous redonnera le sourire !!! il est dingue ce Lucius !!! ;-)

dimanche 21 novembre 2010

Je me réveillais. Je m'éveillais. J'existais


Vasilsca - Marc Lepape

Ion Ardin vient de vivre un drame familial. Il décide de tout plaquer, part sur les routes d'Europe et échoue dans un village roumain, à moitié fantôme, oublié de l'administration post Ceaucescu. Là, il apprendra à se reconstruire.

Dire que j'avais envie de passer à autre chose serait monstrueux mais, avec le nouveau cours de ma vie, je sentais bien, pour ma survie, qu'il fallait que j'aille de l'avant. Tirer un trait sur le passé m'était impossible, mais redessiner les contours de mon existence, cela, oui, pour la première fois, il me semblait en avoir la force. C'était presque un devoir même.

Un début "choc" qui permet d'entrer directement dans l'histoire. Heureusement, pas de pathos, on partage juste la douleur du narrateur et le lecteur le suit rapidement dans son errance et découvre avec lui ce "bout du monde".

La mort est omniprésente dans ce roman, que ce soit la mort brutale, le génocide, la maladie. Malgré tout, il s'en dégage une impression de renaissance, d'optimisme.

Dorénavant, j'irai de l'avant, vers les autres, vers toutes ces existences si riches, suspendues à un fil et dont la précarité même engendrait l'intensité. J'irais, avec un autre regard.

L'eau y a aussi la part belle, Etretat, la mer, un lac caché dans une grotte ou bien cette "Vasilsca" inventée par l'auteur.



Nous avons rencontré Marc Lepape lors des soirées littéraires de Brunoy. Avec gentillesse et simplicité il s'est plié au jeu des questions. Il nous a révélé avoir des flashs, des images dans la tête avant d'écrire, ça se sent : certaines scènes sont très visuelles et la fluidité de la langue permet au lecteur de s'y plonger tout entier !

Un beau roman qui donne très envie de lire le prochain livre de Marc Lepape !

Delphine a été touchée, Philippe a trouvé le roman attachant et captivant, Ddh a été conquis et Méria a tellement aimé qu'elle nous a permis cette belle rencontre à Brunoy ! Merci à elle !



dimanche 10 octobre 2010

Je voulais être arraché à moi même


L'attente du soir - Tatiana Arfel

Giacomo est un vieux clown triste, il vivote dans son cirque jaune et rouge, offrant des symphonies d'odeurs...

Giacomo de Obaldia, dresseur de caniches, enchanteur, orchestrateur symphonique de parfums et marchand de rêves.

Mlle B, est une femme grise, sans existence ; elle est transparente et ne fait que traverser la vie des autres sans y laisser le moindre souvenir.
Le môme, lui, est un concentré de sensations, abandonné tout petit dans une décharge, il survit.

Ces trois personnages vont se rencontrer, s'apprivoiser et apprendre à vivre pleinement.

Attention : méga "coup de coeur" !!!!
Une très belle écriture, soignée, pleine de sensations : dès les premières lignes je me suis immergée dans le livre. J'y ai ressenti toutes sortes d'émotions, vous savez, cette envie de ne pas tourner la dernière pages parce qu'on sait déjà que les personnages du roman nous manqueront ! Un roman qui déborde de poésie, de tendresse, parfois très triste, une des lectrices que j'ai croisées à dû poser son livre en cours de lecture, pour "récupérer" du "trop plein" d'émotions qu'elle ressentait !

Une citation du livre : Ici accompagnée de la photo d'un mur taggué qui, pour moi, fait tellement penser à ce livre.

Il a remporté différents prix et les mérite largement :
- Prix Emmanuel Roblès 2009
- Prix du Salon du Premier Roman de Draveil 2009

Des avis dithyrambiques : Ici ; l'avis de Méria co-organisatrice des soirées littéraires de Brunoy. Merci de nous avoir fait découvrir ce bijou !
Mais aussi un "grand coup de coeur" pour Cuné ,
Sylire, Cathulu, Papillon, Fashion, Caro[line], Lily, Anne, Dominique, Michel, Keisha, JLK, l'ont lu aussi


Tatiana Arfel était notre invitée ce 8 Octobre aux Soirée littéraires mensuelles de Brunoy. Elle s'est gentiment prêtée à notre jeux de questions-réponses. Nous avons décortiqué son roman, et, sur la grosse quarantaine de participants, aucune fausse note, nous avons a-do-ré ! Merci à vous Tatiana et je ne serai pas la seule à guetter impatiemment votre prochain roman en janvier 2011 !

Bien évidemment, j'en fais un :   Il FAUT le lire !!!!!!


Pour info, Prochaine soirée littéraire à Brunoy (91) :

19 Novembre à 18h30
Nous recevrons Marc Lepape
pour son roman : Vasilsca
Entrée gratuite pour le débat et la dédicace
si vous voulez rester dîner, ou pour tout renseignement supplémentaire : lemenhirbrunoy@yahoo.fr

samedi 9 octobre 2010

Et toi, à quoi tu es fidèle ?


Ouragan - Laurent Gaudé

L'ouragan Katrina approche des côtes de la Nouvelle-Orléans... Nous allons partager l'histoire d'un groupe de personnes, l'ouragan n'est que le catalyseur qui leur permettra d'affronter leurs peurs, de mieux se connaître.

Tout d'abord, le personnage haut en couleurs de Josephine Linc. Steelson "négresse depuis presque 100 ans", une femme remarquable, on sent à chaque ligne que Gaudé a une tendresse particulière pour elle. Vieille femme oubliée par Dieu, qui porte haut sa couleur et qui est fière des combats gagnés.

Ensuite, Keanu, un homme en errance ; il a tout quitté pour "vivre autre chose" et revient au bout de plusieurs années, il s'est perdu en route...

Rose, celle qui a été abandonnée par Keanu, maman du petit Byron un enfant qu'elle croit ne pas aimer, elle vit une existence grise et sans avenir.

Le Révérend, homme pieux, qui tente par tous les moyens d'exercer son ministère. Honteux de ses faiblesses et de ses peurs. "Cette fois je ne reculerai pas", se promet-il ! une résolution qui le conduira loin...

Buckley, prisonnier, qui nous racontera son histoire et notamment l'épisode (véridique) de l'évacuation des personnels et des chiens de la prison, on y aura laissé croupir les prisonniers, coincés dans leurs cellules pour affronter l'ouragan.

J'aime Gaudé ! et si celui-ci n'est pas mon préféré, j'ai quand même beaucoup aimé... L'ouragan n'est qu'un prétexte pour, à travers les peurs de chacun, parler de liberté et de fidélité, les deux vrais thèmes de ce livre.
Comme toujours chez cet auteur, les atmosphères sont admirablement rendues et j'ai partagé la vie de ses protagonistes en "voyant" les scènes se dessiner au fil de ma lecture.

J'ai rencontré Gaudé lors d'une séance de dédicaces et ai adoré l'entendre parler de ce livre, on sent toute la tendresse qu'il a pour sa "vieille Joséphine", pour ces personnages qui se sont perdus et, même, pour ce satané Révérend !

L'avis de Sébastien, Un coup de coeur pour Choco, de nombreux autres avis sur la toile...

J'en fait un livre voyageur...

Interview de l'auteur et court passage lu

3/7

mardi 28 septembre 2010

Resplandy



Resplandy - Yves Bichet

Bertrand vient de perdre son père. Attendant pour récupérer les cendres du défunt, sa route croise celle de Resplandy qui, elle, vient de perdre sa mère. Intrigué par cette femme, il la suit, partage avec elle une étreinte dans un motel minable et, là, elle fait un geste qui le sidère : elle mélange les cendres de leurs deux parents et disparaît aussitôt. Il part alors à sa recherche.

Sa quête le conduira à mieux connaître son propre passé.

Les personnages importants dans ce roman sont les femmes, ou devrai-je dire "la" femme... La mère, qui se coupe en quatre, vieillissante ; la femme, trompée, infidèle, mais aussi fantasque ; l'amie, pour qui les sentiments de l'homme sont ambigüs ; la fille : femme en devenir avec ses brusqueries ou ses souffrances et, bien sûr, Resplandy, femme blessée. On a l'impression que ce pauvre homme est désemparé devant ces femmes fortes et n'arrive pas à se situer dans leur vies.

J'ai beaucoup aimé le style d'écriture, un peu moins une scène ou deux qui, avec le recul, ont leur importance et décrivent notre héros comme un homme perdu devant ces personnages féminins auxquels il ne comprend rien. Le personnage de l'épouse m'a dérangée aussi, ses réactions ne semblent pas plausibles, un homme peut les imaginer, aucune femme ne réagirait comme elle à mon humble avis.

Mais ça reste pour moi une belle découverte de cette rentrée littéraire !

Un quatrième de couverture qui, pour une fois, est bien fait et attire l'attention du lecteur tout en le laissant dans l'expectative et qui ne révèle rien du roman ! C'est suffisamment rare pour être souligné.

Cynthia n'est pas convaincue,  Laure non plus, Caviglioli parle de "sexe maussade"... Bref, suis-je la seule à avoir bien aimé ??????


J'ai décidé d'en faire un livre voyageur



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2/7

lundi 13 septembre 2010

L'ombre au tableau



L'ombre au tableau - Hélène Bonafous-Murat

Gérard et Gilbert sont deux frères que tout oppose. L'un, obèse, vivote d'allocations tandis que l'autre, prof d'Histoire de l'Art à la Sorbonne, est une sorte de bellâtre qui séduit ses étudiantes.

Dans sa naïveté, Gérard décide de partir en Bretagne, à la recherche du père de son petit voisin pour qui il s'est pris d'amitié. Il est aussitôt soupçonné de rapt d'enfant. Son frère, qui l'a perdu de vue depuis des années, part alors à sa recherche, aidé par sa nouvelle amie : Flore.

Vient alors se greffer l'histoire d'un autre frère perdu : un des frères Le Nain, célèbres peintres, qui accompagnera Gilbert dans sa quête.

Deux histoires parallèles, deux frères perdus... L'auteure, partie d'un fait historique connu, a tenté de déchiffrer à sa façon les tableaux des frères Le Nain, mettant en parallèle ces deux familles auxquelles il manque un frère. J'ai adoré les descriptions des tableaux, je me suis d'ailleurs promis d'aller faire une escapade dans cette fameuse "salle 29" au Louvre pour mieux les admirer. De même, j'ai beaucoup aimé le personnage de Gérard, là encore, si finement décrit qu'il s'est présenté devant moi dès les premières pages du livre. J'ai trouvé le côté "visuel" très réussi dans ce livre.

Hélène Bonafous-Murat a une belle écriture, un style agréable, fluide mais précis. Ses personnages sont fouillés, impossible de détester Gilbert qui, pourtant, est un sale type au début du livre. J'ai trouvé malgré tout que l'histoire tardait à démarrer, arrivée à la moitié du roman je me demandais bien où il allait  nous mener. Au final, une découverte intéressante qui m'a donné envie de lire "Morsures" le premier roman de cette auteure et de suivre de près son prochain roman.



J'ai eu la chance de rencontrer Hélène Bonafous-Murat lors d'une des soirées littéraires mensuelles de Brunoy. Ce fut une très belle rencontre, Hélène était passionnante, a répondu à toutes nos questions avec patience ;-) et j'ai été ravie des échanges que nous avons eu à table après la séance de dédicace !
Hélène : merci de votre gentillesse, j'ai passé une très bonne soirée... Sans oublier Vincent des Editions Le Passage avec qui nous avons papoté livres toute la soirée !

Pour info :
Hélène Bonafous-Murat est expert en estampes.
Morsures
Prix Alain-Fournier 2006
Prix du premier roman du Rotary Club International 2006
Echafaudages (2007)

L'avis de Méria, une des organisatrices de ces soirées littéraires.

Prochaine soirée littéraire : Vendredi 8 Octobre à 18h30
Une rencontre avec :

Tatiana Arfel
L'attente du soir
(Ed José Corti)

Prix du 1er roman de Draveil 2009
Prix Emmanuel Roblès 2009
Prix Biblioblog 2010
Le principe ? Parler avec l'auteur de son roman,
La soirée se poursuit par une séance de dédicaces
Ceux qui le souhaitent peuvent participer au repas qui cloture la rencontre
N'hésitez pas à me joindre si vous êtes intéressés

jeudi 19 août 2010

Une citation (eh oui, on est jeudi !) et une histoire de merles


C'est au pied du mur qu'on mange les merles - Luc Doyelle

J'attendais l'Amie. Une fois n'étant pas coutume, elle devait revenir, non d'une journée pétrolifère, mais d'une excursion en service de crabologie de l'hôpital Tom de Savoie. A moins que ce fût l'hôpital Mont d'Or, la mémoire me faisant défaut, mais j'étais sûr que c'était un nom de fromage.
L'Amie faisait désormais partie du club très fermé des anciens combattants du village. Elle courait se recueillir, une fois par an, aux côtés de ses amis poilus, dans un brouhoho* de cors et de cymbales. Puis la fameuse minute de silence lui donnait l'occasion de revivre intensément la bataille du crabe, qui durant une longue année, l'avait opposée à un crustacé de la pire espèce. La victoire lui avait été attribuée à l'unanimité d'un jury de crabologues, qui lui avait décerné, en récompense, les oreilles et la queue du crabe. Elle en avait gardé quelques cicatrices, une dans la région mammaire, l'autre dans la zone sterno-cléido-mastoïdienne*.

(les astérisques vous mènent à des notes de bas de page complètement farfelues...)

Ce livre est le second commis par Luc Doyelle (après "les liaisons presque dangereuses") et j'adore lire Luc... J'ai l'impression d'écouter un copain me murmurer à l'oreille ses mésaventures... Ici, une histoire de placards abracadabrantesque mais aussi une histoire de "choix de vie", bien plus sérieuse...

Le passage ci-dessous donne une bonne idée de la plume de Luc, de l'humour (j'ai eu le sourire aux lèvres durant toute ma lecture) mais aussi, cachées derrière la bravade, de l'émotion, de la tendresse et de la gravité. Je lui dois une nuit quasi blanche...

Vous trouverez de nombreux avis sur la toile, mais il en est un que je vous recommande au-delà de tous les autres, celui de Fanyoun

Merci au "gamin timide" ;-)

dimanche 8 août 2010

L'origine de la violence


L'origine de la violence - Fabrice Humbert

Professeur de lettres dans un lycée franco-allement, le narrateur visite avec ses élèves le camp de concentration de Buchenwald. Il y découvre la photographie d'un prisonnier qui ressemble de façon frappante à son propre père. Intrigué, il décide d'enquêter sur cet homme au risque de déterrer de lourds secrets familiaux.

J'ai beaucoup pensé au "secret" de Grimbert en lisant ce roman et... à la défaveur de "l'origine...", les thèmes sont très proches et j'ai trouvé le roman de Fabrice Humbert trop bavard. Le narrateur trouve dans l'histoire de sa famille l'explication à son caractère emporté et secret :

Mon impuissance à surmonter les non-dits avait toujours fait mon désespoir. Je m'accommodais des silences avec une capacité de boa constrictor. Ils entraient en moi, enflaient, parcouraient leur sinueux chemin sans jamais ressortir. La situation pouvait ainsi s'empoisonner lentement, avec une vénéneuse patience.

Malgré tout, je n'ai pas réussi à "embarquer" dans ce roman, j'en attendais probablement trop...

Un très bon roman pour Fashion, un coup de coeur pour PapillonKeisha n'a pas vraiment adhéré, Yv a trouvé le propos répétitif, Mobylivres le trouve très dense, Laure a été gênée par l'association documentaire/roman.

jeudi 5 août 2010

Que des mots à coucher dehors...

La tête en friche - Marie-Sabine Roger

Germain Chazes est « brut de décoffrage », il passe ses soirées au café avec ses copains ou à traînouiller dans le jardin public où il y compte les pigeons. Là-bas, il rencontre Margueritte, vieille dame attendrissante :


Elle a beau faire sa maligne, elle est fragile. Elle a de petits os de piaf, je pourrais les casser entre deux doigts, facile. Je dis ça comme ça, c’est pour dire. Bien sûr, je ne le ferai pas. Casser les os de sa grand-mère, faudrait être taré ! C’est seulement pour montrer comme elle est délicate.

La vieille dame a une passion : les livres. Bientôt, elle fait la lecture à voix haute pour Germain, et lui, qui se croyait hermétique aux livres se met à aimer ce qu’il y trouve !

Les mots, ce sont des boîtes qui servent à ranger les pensées, pour mieux les présenter aux autres et leur faire l’article. Par exemple, les jours où on aurait l’envie de frapper sur tout ce qui bouge, on peut juste faire la gueule. Mais du coup, les autres peuvent croire qu’on est malade, ou malheureux. Alors que si on dit d’une façon verbale, Faites pas chier, c’est pas le jour ! ça évite les confusions.

Tentée par la bande-annonce du film sorti récemment au ciné, je suis allée voir le film avant de lire le livre. Je n’aime pas beaucoup Depardieu mais je l’ai trouvé excellent dans le rôle de ce gros balourd moins bête qu’il n’en a l’air, j’ai été un peu « choquée » par l’âge de sa compagne dans le film (au début, je croyais que c’était sa fille), par contre, comme Germain Chazes, je suis tombée sous le charme de Gisèle Casadesus qui campe à merveille cette vieille dame fragile. Les seconds rôles sont tout aussi bien distribués, mention particulière à Maurane qui est aussi bonne comédienne que chanteuse !



Des amies potineuses, toujours aussi attentionnées, m’ont offert le livre, merci à elles. J’ai eu l’impression d’une lecture « doudou », un peu comme « ensemble c’est tout », peut-être dégoûlinante de bons sentiments mais les personnages sont attachants, le livre se savoure comme un bonbon ! Une très belle découverte !

D'autres avis : Clara  le conseille, Manon n'est pas convaincue par l’adaptation cinématographique, Valérie parle d’un chef d’oeuvre d’humour et d’émotion pure, Celsmoon  a été chamboulée, C'est un coup de cœur pour Chiffonnette et l’avis de Theoma  qui regrette que le livre ne soit pas sorti en format Poche, je suis bien d’accord !

Un grand merci à Lapines, Slo et Sophie pour cette belle lecture !!!

mardi 29 juin 2010

Faire la cruche, se faire oublier


Le voisin - Tatiana de Rosnay

Colombe vient d’emménager dans un nouvel appartement. C’est une jeune femme sans histoires, transparente, même son métier est clandestin, elle est « nègre » et prête sa plume aux autres. Son rêve est d’écrire son propre roman mais jamais dans sa vie elle n’a osé se mettre en avant. Elle ne vit qu’au travers des autres :


De grosses lunettes rondes qui lui donnent l’air d’une chouette pèsent sur son nez. Elle ne les met pas devant Stéphane car il les trouve moches. L’avis de son mari lui importe. Il n’aime pas les tenues négligées, les joggings, les sweat-shirts. Elle s’habille en jupes droites et longues, pulls simples, mocassins. Les cheveux de Colombe, selon Stéphane, sont plus jolis attachés. Et toujours selon lui, elle n’a pas besoin de maquillage.

Est-ce ça, finalement, le bonheur ? Est-elle heureuse avec Stéphane ? Au fond, elle ne s’était jamais posé la question. Troublée (…) Bien sûr qu’elle est heureuse. Il n’y a qu’à regarder ses enfants, son mari. Le mot « bonheur » est estampillé sur leurs fronts. La petite voix revient, persiflante. Mais on ne te parle pas de tes gamins, idiote, ni de ton mari. On te parle de toi. De toi, Colombe. Tandis qu’elle contemple la photo, interloquée, une drôle de vision s’empare d’elle. Cette d’un cheval de labour, le regard cerné d’œillères, qui parcourt encore et encore un champ interminable.

Installée dans son nouvel appartement, elle est bientôt aggressée par un véritable « viol auditif », chaque nuit, aux alentours de 3h du matin, son voisin du dessus fait un tintamarre effroyable : il met la musique, déménage des meubles… et nuit après nuit, Colombe perd le sommeil et se sent persécutée par cet ennemi invisible qui ne se manifeste que les soirs où elle est seule. Pour tous, il est un voisin idéal, de la concierge à ses collègues, chacun s’entend à chanter ses louanges, sa discrétion et sa gentillesse.

A bout de nerfs, nuit après nuit, elle vit dans une angoisse qui monte crescendo. Elle perd tous ses repères et apprend à reconsidérer sa vie sous un jour nouveau.

J’ai profité d’une séance de signatures de Tatiana de Rosnay au « Livre écarlate » pour acheter ce roman qui me tentait depuis longtemps et qui vient d’être réédité aux Editions Heloïse d’Ormesson. Tatiana, toujours aussi charmante, nous a longuement parlé de ce livre, en présence de certains de ses « vrais » voisins puisque nous étions dans son quartier ! J’ai beaucoup aimé ce récit angoissant, le personnage de Leonard est terrifiant mais celui de Colombe tellement attachant.

J’ai adoré qu’elle réussisse à se désengluer de cette vie morne, bousculée par des événements terrifiants qui ont su lui révéler sa force intérieure et qui lui ont « rendu sa liberté ».

Je guette avec intérêt les prochaines rééditions des livres de Tatiana !

Pstt : un petit clin d’œil à Slo qui, elle aussi, a le malheur d’avoir un voisin indélicat !

Pstt (2) : j’adorerai une adaptation ciné !

Ici l’avis des lectrices du Club de Lecture d’Auféminin avec l’intervention de Tatiana (Yansor : c’est elle !)

lundi 21 juin 2010

Va te faire téter les yeux par les éléphants siffleurs...


Les mots des familles - Cookie Allez

Le principe de l'auteur : partir à la

Cueillette de mots et d'expressions que les familles fabriquent pour leur usage propre

Voilà le propos de ce livre. Pour moi qui suis amatrice de mots et d'expressions imagés, ce livre ne pouvait que me tenter. Je l'ai reçu dans le cadre de l'opération "Masse Critique" de Babelio.

Je l'ai dévoré un sourire aux lèvres, y reconnaissant certaines de mes expressions : Jifoutout (qui qualifie mes salades "vide frigo") ou bien encore le "sirop de cordum" (utilisé dans ma famille de façon un tantinet triviale), que dire du célèbre "LPM" : laisse pisser le mérinos !!!!! ou bien "pondre un Panzer" ?

Forcément, j'en ai retenu quelques une que j'utiliserai probablement dans l'avenir :

C'est de la graine de petit curieux dans un papier bleu

ou bien encore : Les coins z'ont qu'à venir au milieu, et mettre les araignées à pied ou encore Eclamousser  si évocateur

Suivant le conseil de l'auteur dans sa dernière phrase : "Et si nous continuions", je ne peux m'empêcher de vous faire partager Mes expressions familiales fétiches...

A la maison, nous parlons de Crapouilleries pour qualifier une petite blague faite à un autre membre de la famille. Je crois que cette expressions est née après la mode des "crapouillots", ces bestioles en plastique affreuses que l'on enfilait sur son doigt et dont il existait des tonnes de modèles différents (dans les années 80).

Que dire de ce mot "professionnel" que j'ai transmis à mes collègues... Un de mes patients avait une envie pressante de "régurgiter le contenu de son estomac", dans l'urgence je n'arrivais plus à trouver le nom "haricot" et j'ai hurlé à l'aide-soignant de me donner très vite un Gerbateur ! Il a tout de suite compris et depuis ce mot est utilisé régulièrement dans mon service.

Sans parler du fameux Petit lutin du 5e, mon (ancien) service est au 5e étage et les patients nous jurent régulièrement que "non" ce ne sont pas eux qui ont arraché leur perfusion, leur sonde... et autres joyeusetés, depuis que l'un d'eux nous a affirmé qu'il s'agissait du "petit lutin", nous maudissons régulièrement cet énergumène responsable de beaucoup de soucis pour nous. J'ai changé d'hôpital, d'étage, mais j'ai déjà parlé à mes nouvelles collègues du Petit lutin du 7e qui semble sévir dans mon nouvel établissement... (Martine, toi qui lis ce billet, je te vois sourire derrière ton écran)

Quant au titre de ce billet, c'était l'expression fétiche de mon oncle, pas besoin de vous l'expliquer, je pense que vous aurez bien compris son sens...

J'ai décidé de faire de ce livre un "livre voyageur", n'hésitez pas à vous inscrire en commentaire ou à m'envoyer un mail.